Le prolixe et talentueux Jean-Philippe Daguerre, à qui nous devons « Adieu Monsieur
Haffmann », récompensé de 4 Molières, et que nous avions accueilli avec la pièce « Le petit
coiffeur » nous revient avec sa toute nouvelle création : « Du charbon dans les veines ».
Elle fait mieux que son précédent succès puisqu’elle a reçu en avril dernier pas
moins de 5 statuettes : meilleure pièce du théâtre privée, auteur francophone
vivant, mise en scène d’un spectacle de théâtre privé, révélation féminine pour
Juliette Béhar, comédienne dans un second rôle pour Raphaëlle Cambray.
Nous sommes en 1958, à Noeux-Les-Mines, petite ville minière du Pas-de-Calais,
dans la France des 30 Glorieuses qui se modernise entre radio et téléviseur, l’édition
du Tour de France et la 6ème Coupe du Monde de football, organisée par la Suède,
avec en vedette nationale Raymond Kopa, un enfant du pays, d’origine polonaise.
Pierre et Vlad sont les deux meilleurs amis du monde. Ils contribuent à la prospérité du
pays en extrayant l’or noir au fond de la mine, comme leurs pères avant eux. Ils élèvent
des pigeons-voyageurs et jouent de l’accordéon dans l’orchestre local. À partir du jour
où la jolie Leïla les rejoint dans l’orchestre, leur monde ne sera plus tout à fait le même…
De l’amour, de l’amitié, de la pudeur des sentiments, de la générosité, tant de non-dit que l’on devine,
notre auteur est un merveilleux conteur, tout en finesse et délicatesse. La distribution est impeccable.
Une pièce sensible, drôle et qui aborde de multiples sujets qui font encore notre actualité.